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Peu de voyageurs le savent, mais Londres abrite encore des reliques vivantes de l'histoire des transports : des escaliers mécaniques en bois. Ces témoins d'un autre temps, autrefois omniprésents dans le métro, ne subsistent plus qu'à deux endroits. Le défi ? Non seulement les trouver, mais aussi comprendre leur importance culturelle avant leur disparition. Plus de 87% des visiteurs passent à côté sans les remarquer, manquant ainsi un lien tangible avec le Londres des années 1930. La frustration est grande quand on réalise trop tard qu'on a foulé un pan d'histoire sans le savoir. À la différence des attractions touristiques, ces escaliers ne sont pas signalés – leur charme réside justement dans leur discrétion, mais c'est aussi ce qui les rend difficiles à apprécier à leur juste valeur.
Pourquoi ces escaliers disparaissent-ils ?
La disparition progressive des escaliers en bois reflète l'évolution des normes de sécurité et la modernisation des transports. Après l'incendie de King's Cross en 1987 – causé par une cigarette ayant enflammé des dépôts sous les marches – Transport for London a entamé leur remplacement. Les deux derniers exemplaires, à Greenford et (occasionnellement) Kennington, fonctionnent comme de rares musées vivants, leurs marches en chêne lustrées par des décennies de passage. Chacun présente des détails de construction uniques révélant les solutions techniques d'avant-guerre, comme les rainures diagonales conçues pour éviter les glissades. Pour les passionnés, ils incarnent la transition entre l'élégance art déco et l'efficacité moderne. Leur remplacement programmé (ceux de Greenford seront bientôt changés) rend leur visite urgente – leur disparition emportera une expérience sensorielle que les escaliers métalliques ne peuvent reproduire : le craquement chaleureux du bois et la légère odeur d'huile mécanique.
Où trouver ces escaliers en 2024 ?
L'escalier de la station Greenford (1947) est le plus accessible – prenez la Central Line jusqu'à cette station peu fréquentée et vous repérerez immédiatement ses marches en bois patiné. Plus discret, l'escalier de Kennington ne fonctionne qu'aux heures de pointe ou lors des travaux sur la Northern Line. Les matins en semaine entre 7h30 et 9h30 offrent les meilleures chances. Une astuce méconnue : le musée de Londres aux Docklands abrite un escalier hors service, parfait pour des photos sans foule. Sur place, les agents partagent volontiers des anecdotes si vous les interrogez poliment en dehors des heures d'affluence. N'oubliez pas qu'il s'agit avant tout d'équipements fonctionnels – tenez-vous à droite, ne gênez pas les usagers et évitez les flashes qui pourraient distraire. La lumière matinale traversant la verrière de Greenford offre un éclairage idéal pour des photos respectueuses.
Comment les apprécier comme un expert ?
Un œil averti remarquera les détails expliquant leur longévité. Observez le dessin des marches – moins profondes qu'aujourd'hui, avec des traces de réparations artisanales datant des pénuries de guerre. Écoutez le 'clic-clac' rythmé des lattes de bois sur les rouleaux. À Greenford, admirez le tableau de commande d'origine avec ses interrupteurs en Bakélite. Pour approfondir, complétez votre visite par les archives du London Transport Museum (ouvert le mercredi sur rendez-vous), où vous pourrez examiner des pièces détachées. Certaines visites spécialisées comme 'Hidden London' incluent ces sites – privilégiez-les aux tours génériques. En visite libre, téléchargez le règlement du métro de 1938 dans les archives TFL – ses consignes sur 'l'interdiction de fumer dans les escaliers' prennent une résonance particulière sur ces survivants.
Photographier leur âme avant qu'ils ne disparaissent
Photographier ces escaliers demande une approche différente des sites touristiques classiques. Les plafonds bas et les mouvements nécessitent des réglages à 800 ISO minimum – les trépieds sont impraticables. Concentrez-vous sur les textures : gros plans des bords usés par des millions de pas, ou plans larges contrastant le bois chaud avec les murs de carrelage. À Greenford, la lumière naturelle permet des vitesses lentes pour flouter les passagers tout en gardant l'escalier net. À Kennington, plus sombre, placez-vous à mi-hauteur où l'éclairage de secours crée des ombres dramatiques. Respectez les usagers – ne bloquez jamais les accès. Les samedis matin sont moins fréquentés. Certains photographes reviennent plusieurs jours pour capturer différentes ambiances – les jours gris renforcent le caractère vintage. Les meilleures images racontent une double histoire : l'importance historique de ces escaliers et leur rôle actuel dans la vie des Londoniens.
Écrit par l'équipe éditoriale de Londres Tours et des experts locaux agréés.